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RGPD

Article 100

Amendes administratives imposées aux institutions, organes et organismes de l’Union

1.   Le Contrôleur européen de la protection des données peut imposer des amendes administratives aux institutions, organes et organismes de l’Union relevant du champ d’application du présent règlement. Pour décider s’il y a lieu d’imposer une amende administrative et pour décider du montant de l’amende administrative dans chaque cas d’espèce, toutes les caractéristiques propres à chaque cas sont prises en considération et il est dûment tenu compte des éléments suivants:

a)

la nature, la gravité et la durée de la violation et de ses conséquences, compte tenu de la finalité du système d’IA concerné ainsi que, s’il y a lieu, du nombre de personnes touchées et du niveau de dommage qu’elles ont subi;

b)

le degré de responsabilité de l’institution, organe ou organisme de l’Union, compte tenu des mesures techniques et organisationnelles qu’il a mises en œuvre;

c)

toute mesure prise par l’institution, organe ou organisme de l’Union pour atténuer les dommages subis par les personnes touchées;

d)

le niveau de coopération établi avec le Contrôleur européen de la protection des données en vue de remédier à la violation et d’en atténuer les éventuels effets négatifs, y compris le respect de toute mesure précédemment ordonnée par le Contrôleur européen de la protection des données à l’encontre de l’institution, organe ou organisme de l’Union concerné pour le même objet;

e)

toute violation similaire commise précédemment par l’institution, organe ou organisme de l’Union;

f)

la manière dont le Contrôleur européen de la protection des données a eu connaissance de la violation, notamment si, et le cas échéant dans quelle mesure, l’institution, organe ou organisme de l’Union a notifié la violation;

g)

le budget annuel de l’institution, organe ou organisme de l’Union.

2.   Le non-respect de l’interdiction des pratiques en matière d’IA visées à l’article 5 fait l’objet d’une amende administrative pouvant aller jusqu’à 1 500 000 EUR.

3.   La non-conformité du système d’IA avec les exigences ou obligations au titre du présent règlement, autres que celles énoncées à l’article 5, fait l’objet d’une amende administrative pouvant aller jusqu’à 750 000 EUR.

4.   Avant de prendre des décisions en vertu du présent article, le Contrôleur européen de la protection des données donne à l’institution, organe ou organisme de l’Union faisant l’objet des procédures conduites par le Contrôleur européen de la protection des données la possibilité de faire connaître son point de vue sur l’éventuelle infraction. Le Contrôleur européen de la protection des données ne fonde ses décisions que sur les éléments et les circonstances au sujet desquels les parties concernées ont pu formuler des observations. Les éventuels plaignants sont étroitement associés à la procédure.

5.   Les droits de la défense des parties concernées sont pleinement respectés dans le déroulement de la procédure. Les parties disposent d’un droit d’accès au dossier du Contrôleur européen de la protection des données, sous réserve de l’intérêt légitime des personnes ou entreprises concernées en ce qui concerne la protection de leurs données à caractère personnel ou de leurs secrets commerciaux.

6.   Les fonds collectés en imposant des amendes en vertu du présent article contribuent au budget général de l’Union. Les amendes ne compromettent pas le bon fonctionnement de l’institution, organe ou organisme de l’Union faisant l’objet d’une amende.

7.   Le Contrôleur européen de la protection des données informe chaque année la Commission des amendes administratives qu’il a infligées en vertu du présent article ainsi que de toute action en justice ou procédure judiciaire qu’il a engagée.

Questions courantes

Questions fréquemment posées

Quelles amendes le Contrôleur européen de la protection des données peut-il infliger aux institutions de l’Union pour des pratiques d’IA interdites ?

Si une institution de l’Union enfreint les règles interdisant certaines pratiques d’IA nuisibles décrites dans le règlement sur l’IA, elle peut se voir infliger des amendes pouvant atteindre 1 500 000 euros.

Cela garantit le respect des règles destinées à protéger la sécurité, les droits et les libertés des personnes, et dissuade les usages néfastes de l’intelligence artificielle au sein des institutions, organes et organismes de l’Union européenne.

Quels critères le Contrôleur européen de la protection des données prend-il en compte pour fixer les amendes ?
Le Contrôleur européen de la protection des données examine attentivement de nombreux critères : la gravité de la violation, le nombre de personnes lésées, les mesures prises par l’institution pour réduire le préjudice, son degré de coopération, l’existence de violations antérieures et même son budget annuel, avant de fixer le montant de l’amende.
Les institutions peuvent-elles se défendre contre les décisions d’amende ?

Oui, les institutions de l’Union ont la possibilité d’être entendues équitablement et de présenter leurs arguments avant toute imposition d’amende.

Leurs droits de la défense sont pleinement respectés, avec un accès aux dossiers et éléments de preuve pertinents, sauf si leur communication compromettrait la vie privée de personnes ou des informations commerciales confidentielles d’autres parties à l’affaire.

Que devient l’argent perçu au titre des amendes administratives ?

Toutes les sommes perçues au titre des amendes prévues par le règlement sur l’IA sont versées directement au budget général de l’Union européenne.

Il importe que les amendes n’entravent pas le fonctionnement essentiel et efficace de l’institution, de l’agence, de l’organe ou de l’organisme de l’Union sanctionné, afin de ne pas perturber ses activités officielles ou opérations importantes.